C’était la Journée FSH 2012, à Paris, le 21 avril 2012.
En attendant le compte-rendu, voici quelques coups de projecteur sur les moments marquants de la Journée FSH qui s’est tenue à Paris samedi 21 avril… à deux pas de la rue Dejerine, co-découvreur de la dystrophie FSH !
● Merci à Jacqueline Mikol, chargée de l’inventaire du fonds Dejerine, qui nous a invités à un fabuleux voyage à travers le temps.
Elle nous a téléportés au XIXe siècle, aux côtés des pionniers de la recherche sur les dystrophies musculaires. Elle nous a montré des clichés historiques : de l’article qui décrit, pour la première fois, notre pathologie, en 1885, intitulé « De la myopathie atrophique progressive » ; des lames contenant les coupes musculaires des patients de l’époque (conservées au Musée Dupuytren) ; des photos des premiers patients examinés, sévèrement touchés (mais ils étaient tous atteints aussi de la tuberculose, ce qui aggravait drastiquement la détérioration musculaire, notamment à cause d’une sous-alimentation induite par la tuberculose). En 1954, notre « myopathie atrophique progressive » prend le nom de dystrophie facio-scapulo-humérale. Jacqueline Mikol nous a dressé des portraits hauts en couleur des découvreurs de la maladie : Louis Landouzy, remarquable observateur, mais qui ne boudait ni les honneurs, ni la vie mondaine. Jules Dejerine, qui, hormis la pêche à la ligne, se consacrait à ses recherches au point d’organiser des réunions avec ses élèves le dimanche soir. La chercheuse nous a aussi conté l’histoire touchante de Julie, atteinte de FSH, qui est décédée en 1964 à l’âge de 86 ans (d’un AVC). L’année précédente, aux médecins qui lui expliquaient sa maladie, elle a rétorqué : « mais je sais bien que j’ai la dystrophie de Landouzy-Dejerin, ce sont eux-mêmes qui me l’ont dit quand j’avais 8 ans ! ». « Au-delà des cas extrêmes décrits ici, et même si l’on trouve qu’elle ne va jamais assez vite, la recherche a fait un bond extraordinaire ces dix dernières années », a conclu Jacqueline Mikol.
● Merci à Bernard Coïc,
médecin de la rééducation, pour son appel à la lutte. En effet, il nous a encouragés à mener une lutte sans merci contre la fatigue, la douleur, l’atrophie musculaire et la frustration (de ne pas réaliser tout ce que l’on souhaiterait ou comme on le souhaiterait). Il nous a rappelé qu’il n’existe pas une rééducation type de la dystrophie FSH, mais des rééducations adaptées à chaque personne. A nous de tout mettre en œuvre, avec l’aide de nos médecins, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, etc., pour trouver les solutions qui nous permettent de conserver une qualité de vie. Il ne dit pas que c’est facile. Le patient FSH est entre deux chaises, entre le trop et le trop peu : s’économiser, sans s’atrophier, sans rester confiné chez soi.
● Merci à Gilles Carnac,
chercheur à Montpellier, qui a évalué les effets de différentes molécules anti-oxydantes sur la survie des myoblastes (pré-cellules de muscle) soumis à un stress oxydant (comme dans notre pathologie), puis sur leur différenciation (une des étapes nécessaires à la « fabrication » des fibres musculaires). Résultats : une seule des sept molécules testées s’avère vraiment performante (une des molécules testées amplifie même la mort cellulaire). A suivre.
● Merci à Petr Dmitriev d’avoir introduit de belles vidéos dans sa présentation pour expliquer des techniques d’analyse génétique. Les aspects ardus le sont… un peu moins.
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Merci à Dalila Laoudj-Chenivesse, à Yegor Vassetzky, à Daria Malysheva, à Alexandra Belayew et tous les jeunes chercheurs de son équipe venus spécialement de Belgique, pour leur présence et leur conférence enthousiastes et stimulantes.
● Merci à tous d’avoir participé aux ateliers. La question du jour était : « qu’est-ce qui vous fait du bien au jour le jour ? » Chacun a donné ses recettes de mieux-vivre : alimentation, respiration, massage, anti-douleurs…. Myothérapie, chiropractie, fasciathérapie,
balnéothérapie… Merci d’être venus, avec votre parcours personnel, vos souvenirs, vos humeurs, bonnes ou mauvaises : grâce à vous, nous avons passé une riche journée !

Jacqueline Mikol, professeur à l’Université Denis Diderot et chef du Service d’anatomie et cytologie pathologiques, de l’Hôpital Lariboisière (Paris).
Bernard Coïc, spécialiste en médecine physique et réadaptation à l’Hôpital Léopold Bellan (Paris).
Gilles Carnac, chercheur CNRS au Laboratoire Physiologie et médecine expérimentale du Cœur et des muscles au CHR Arnaud de Villeneuve à Montpellier.
Petr Dmitriev, post-doctorant au Laboratoire Physiologie et médecine expérimentale du Cœur et des muscles au CHR Arnaud de Villeneuve à Montpellier.
Dalila Laoudj-Chenivesse, chercheuse INSERM au Laboratoire Physiologie et médecine expérimentale du Cœur et des muscles au CHR Arnaud de Villeneuve à Montpellier.
Yegor Vassetzkyi, Directeur de recherche au CNRS, responsable du Groupe Remaniements intra-nucléaires et carcinogenèse à l’Institut Gustave Roussy (Villejuif). Daria Malysheva entame un stage post-doctoral à ses côtés.
Alexandra Belayew, directrice du Laboratoire Biologie moléculaire de l’Univesité de Mons, était présente avec sept des membres de son équipe, chercheurs confirmés et thésards.